Dans l’actualité: Après les remarques de ces habitants de Seine-et-Marne, Sunvest revoit son projet de ferme agrivoltaïque
France, La Marne, Aymeric Figueiredo, Publié le 3 mars 2025 à 18h36, visual impression Sunvest
Mardi 25 février 2025, une réunion s’est tenue à Lizy-sur-Ourcq, afin d’évoquer le projet du parc solaire du Montoir réactualisé après les premiers retours des habitants.
« On a à cœur d’entretenir le dialogue ». C’est une phrase répétée maintes et maintes fois par Benoît Lepecquet, codirecteur de la société Sunvest France. Mardi 25 février 2025, une réunion de présentation s’est tenue dans la salle du Parc à Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne), afin d’évoquer le projet du Parc solaire du Montoir, qui mêlera à la fois un projet de développement durable et une production agricole en continu sur plusieurs parcelles.
Un projet d’envergure et écologique qui verra prochainement le jour dans la commune, à horizon 2027. C’est à l’aide de diapositives que la société a présenté son projet, avec quelques modifications depuis la dernière réunion qui s’est tenue en mai 2024.
Ce projet est porté par la société Sunvest, qui développe et exploite des parcs solaires, en concertation notamment avec la Communauté de communes du Pays de l’Ourcq. L’objectif est d’installer des panneaux photovoltaïques sur un terrain déjà occupé par une activité agricole. « Le but est de combiner une activité agricole avec de l’énergie photovoltaïque », explique Benoît Lepecquet. On parle alors de production agrivoltaïque.
« Le site choisi est situé à l’Est de Lizy-sur-Ourcq, orienté sud sur une pente douce et entouré de haies d’arbres d’une dizaine de mètres. Le site s’étend sur 52,2 hectares clôturés, pour une capacité électrique estimée de 33,9 MWc (unité de mesure pour les centrales solaires au sol, »mégawatt crête », ndlr) », précise la société.
Des terres moins productives
L’objectif en choisissant ces espaces est de redonner vie à ces terres. « Ces terrains, qui se trouvent près de la rue d’Ocquerre et de la D102, n’ont plus les rendements d’antan », explique Sunvest.
En plus des panneaux photovoltaïques, un éleveur se chargera de leur exploitation. Il s’agira de Clément Cruz, installé depuis 2021 comme éleveur d’ovins, à 10 km du parc solaire. « L’objectif de l’installation agrivoltaïque est que l’éleveur agrandisse son cheptel pour arriver à un total de 500 brebis. 95 % des ventes seront en circuit court », assure la société qui explique que les moutons pourront pâturer sans problème au milieu des panneaux.
Des concessions
Ce projet, discuté en 2022 avec les différentes parties, a déjà permis d’organiser des permanences publiques afin d’expliquer et de sensibiliser les habitants sur les bénéfices de ces travaux.
« Nous avons fait une réunion publique en 2024, afin d’expliquer ce que nous allons faire. Nous sommes là pour trente ans au moins, donc nous écoutons les retours des habitants. Un projet de cette envergure, ce sont des compromis, il faut trouver des concessions », assure le coordinateur de Sunvest.
Selon la société, « ces panneaux pourront éclairer 8 400 foyers et ainsi, 10 000 tonnes de Co2 seront évitées ».
Lors de la première réunion du 24 mai 2024, le projet était proposé dans ce sens. « Cette ferme solaire aura une portée de 58 hectares et une partie se situera sur les terres d’un éleveur d’ovins. Celui-ci travaille sur des territoires agricoles localisés tout le long du canal de l’Ourcq. Les panneaux photovoltaïques pourront produire assez d’électricité pour couvrir l’équivalent des besoins de la communauté de communes du Pays de l’Ourcq », attestait Sunvest.
Désormais, la superficie est réduite à 52,2 hectares, contre 58 en 2024. « Il y aura au total 60 500 panneaux photovoltaïques qui produiront environ 45 000 kWc (kilowatt crête). Cela correspond à une consommation pour 9 500 foyers, soit 20 000 personnes », assurait la société devant les Lizéens.
Là aussi, ces panneaux ont été revus à la baisse. « Nous avons réduit à 55 000 panneaux, nous avons pris en compte les remarques des habitants », confie la cheffe de projet, Célia Roussel.
En effet, la crainte de certains était que ces panneaux pouvaient obstruer la vue des habitants. Sunvest y répond sans détour.
« Les communes aux alentours n’ont pas de vue directe vers le projet agrivoltaïque, en raison d’obstacles urbains ou forestiers. L’impact est donc, a priori, globalement faible. De plus, aucun circuit touristique recensé ne présente d’interaction visuelle avec le projet », assure l’équipe présente.
L’avis du public
Que pense le public de ce projet ? L’équipe présente dans la salle du Parc témoigne avec une petite fierté. « Il est reçu de manière neutre ou positive », confie la cheffe de projet.
Devant les impressions 3D des possibles vues des panneaux dans les pâturages, quelques habitants du Pays de l’Ourcq ont pu poser leurs questions.
« Je suis ce projet depuis plusieurs années. Je ne suis pas contre, mais je veux juste avoir des éclaircissements », lance un habitant de la commune à Benoît Lepecquet. À côté de lui, Bruno Collet, habitant de Vendrest et sensible aux questions environnementales, souligne qu’il « faut avancer dans cette direction, tout en ayant un État qui favorise et aide ce genre de projet ».
Mains dans les poches, tenue de chantier de la tête aux pieds, il regarde attentivement les diapositives de Sunvest. « Je pense qu’il faut aussi sensibiliser nos jeunes avec ce genre d’initiatives. Par exemple, j’aimerais que les écoles emmènent les élèves pendant et après le chantier. Il faut leur expliquer en quoi c’est important ce genre de projet », lance-t-il avant de pousser un coup de gueule : « C’est important d’être un peu écolo. Il faut faire attention à ce qu’on achète, jeter les bons déchets dans les bonnes poubelles… nous devons être sensibles à ça », conclut-il.
Un autre habitant du canton, prêt à repartir chez lui, fait sa conclusion de la présentation. « Je trouve que c’est un bon projet. Les panneaux ne me dérangent pas du tout. Il faudra voir maintenant avec l’avenir. Mais c’est bien que Sunvest ai pris en considération les questionnements et remarques des habitants. Il faut toujours avoir de la diplomatie dans ce type de projet », termine-t-il. Tous les voyants sont donc au vert pour les obtentions des permis. Les travaux débuteront après 2026.